Le guide pour s'imposer en Turquie

L'une des clés de la victoire d'Ott Tänak au Rally Turkey il y a douze mois reposait sur le manque de rythme de sa Toyota Yaris WRC...

Cela peut paraître étrange, mais c'était bel et bien le cas. Dès que l'Estonien a compris que sa voiture n’était pas vraiment dans le match dans les massifs au bord de la côte méditerranéenne, il a choisi de lever (légèrement) le pied pour assurer de gros points.

Un pari qui s'est avéré gagnant. 

Regardez les autres preuves : Thierry Neuville, Sébastien Ogier et Andreas Mikkelsen ont tous les trois gardé pied au plancher et endommagé leurs voitures respectives !

La Turquie est un rallye cassant, à l'ancienne, qui se gagne autant avec la tête qu'avec le pied droit. Sébastien Ogier a connu le redoutable rallye de l’Acropole, mais même la Grèce peut sembler facile par rapport à l'épreuve dessinée autour de Marmaris...

« La Turquie était plus difficile que n’importe quel autre rallye », a-t-il déclaré. « Elle l’est pour son terrain rugueux, notamment lorsque l’on voit la taille des pierres qui se sont retrouvées sur la trajectoire. Elle l’est aussi pour la voiture, car les composants sont moins refroidis avec des vitesses plus basses. »

Cette semaine, la chaleur sera à nouveau un souci avec des températures ambiantes s'établissant autour des 35°C. Même s'il fera un peu plus frais dans les collines, les voitures chaufferont parfois autant qu'en Sardaigne ou au Mexique... Et comme l’a dit le sextuple champion du monde, le flux d'air dans les sections les plus rapides pour refroidir l'ensemble sera déterminant, surtout vendredi avec des routes techniques, sinueuses et rocailleuses où les équipages devront se frayer un chemin et éviter toute sortie.

Le message est clair : plus vous êtes régulier, plus vous avez de chances. Mais qu'est-ce que cela veut vraiment dire concrètement ? Comment s'impose-t-on en roulant "lentement" ?

La chaleur mettra les hommes et les machines à l'épreuve en Turquie.

Sur le papier, c’est assez simple. Vous placez moins de contraintes sur la voiture, et donc moins de chaleur. Cela passe par des freinages plus progressifs et moins puissants pour maîtriser la température des disques puisqu'une quantité de chaleur importante est générée dans le passage de roues à chaque freinage intense et prolongé.

Il vous faudra aussi essayer de garder la voiture la plus droite possible pour que la bande de roulement des pneus résiste aux millions de rochers bordant les routes. Même le composé le plus dur de Michelin sera mis à l'épreuve sur cette surface chaude, abrasive et propice aux crevaisons, donc il sera essentiel de gérer la température des gommes.

L'utilisation d'un système anti-lag légèrement moins agressif sur la voiture aide également à réduire les températures sous le capot et un moteur plus frais apporte des bénéfices évidents.

Tout comme la voiture, l'équipage sera également plus performant avec des températures contenues. 

S'il est difficile de maintenir le pilote et le copilote à leur température de fonctionnement optimale lorsque le thermomètre de l'habitacle affiche 60°C, les deux emploieront tous les moyens à leur disposition, des gilets rafraîchissants aux sprays mentholés sur les combinaisons, pour réduire la transpiration.

Au-delà de l'aspect physique, les pilotes devront aussi affronter une véritable bataille psychologique. L'histoire du lièvre et de la tortue est toujours d'actualité et il faudra se montrer malin pour ne pas suivre son cœur et attaquer d'entrée...

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