Reportage : Impreza P2000

Richard Burns lançait un regard interrogateur à Robert Reid. Il n'était pas convaincu. Ou plutôt, il l'était... Son copilote était bien loin de la vérité.

« Tu n’as pas souvent tort », lançait Richard Burns à l’Écossais assis à sa droite. « Mais cette fois, oui. Aucune chance que ce soit le bon temps. »

Robert Reid précisait que son chronométrage avait été plutôt conservateur. Il n'y avait qu'une façon d'en être certain. Contre les ordres de l'équipe, les deux hommes repartaient pour un dernier run. Et le résultat était le même. 

Burns et Reid s'arrêtaient s'asseoir au sommet d'une colline surplombant Girone pour réaliser ce qu'il venait de se passer. 

« Nous faisions souvent cela en essais », indiquait Robert Reid. « Richard s’arrêtait le temps de tout assimiler. Nous le faisions quand la radio se généralisait. »

L'homme derrière les chiffres, Christian Loriaux, le designer de Prodrive, en souffait le plus, chantant son plus bel accent belge pour demander : « Vous l’avez crashée ? Que s’est-il passé ? »

Sans donnée, ni bruit, l'équipe craignait le pire.

La nouvelle Subaru Impreza a émerveillé Burns et Reid

« Christian nous a demandé de rentrer directement après le premier run », rappelait Reid à son pilote.

Sa réponse ? « Je sais, mais je devais comprendre pourquoi cette voiture est bien plus rapide. »

Bien plus rapide. 

La Subaru Impreza WRC conçue par Christian Loriaux et David Lapworth, le directeur technique de Prodrive, a changé la donne dès ses débuts au Portugal il y a dix-neuf ans.

Richard Burns avait piloté la WRC99, la spécification précédente, sur les routes de terre en Catalogne pour fixer une référence. Dès que la voiture dont le nom de code était P2000, le résultat était à peine croyable.

« Elle était plus rapide d’une seconde au kilomètre », précisait Reid. 

Cela ne pouvait pas être vrai. On ne pouvait pas trouver autant de temps. Et pourtant. Prodrive l'avait fait.

De manière compréhensible, le Subaru World Rally Team avait hâte de voir les débuts de la voiture au Portugal.

Subaru s'est imposé dès les débuts de la nouvelle Impreza au Portugal.

« Il y avait des soucis de jeunesse », se rappelait Robert Reid. « La voiture était très bien née, mais nous avons perdu la direction assistée. Nous avons ramené la voiture à l’assistance et l’équipe a changé la pompe. »

« En ressortant de l’assistance, il a lâché ‘je n’y crois pas…’ La pompe avait encore lâché et une boucle de trois spéciales sans assistance nous attendait. »

« Ensuite, la moteur a coupé dans Arganil… Malgré d’autres problèmes, nous avons attaqué la dernière journée avec quatorze secondes de retard sur Marcus Grönholm. Nous en avons repris douze dès la première spéciale de Ponte de Lima avant de reprendre la tête dans la suivante et ce jusqu’à l’arrivée. »

« Dans la dernière spéciale, je me souviens que DR (David Richards, directeur du Subaru World Rally Team) était monté sur une épave de caravane à mi-parcours pour nous donner les intermédiaires. »

« L’arrivée était exceptionnelle. Nous avons gagné avec beaucoup d’émotions. L’équipe avait conçu cette voiture incroyable et nous l’avons menée à la victoire dans des conditions difficiles. Christian était en larmes, mais il était loin d’être le seul ! »

La voiture a poursuivi sa carrière en tant que Subaru Impreza WRC 00, même si Prodrive l'a toujours appelée P2000. Un nom de code que Burns et Reid auront toujours chéri.

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