Les bruits du parc...

Est-ce moi ou un réveil commençant par 4 est un poil trop tôt ? 5 ? Pas si mal. 6 ? Classique. 7 ? C'est déjà une grasse matinée !

Samedi matin, la première assistance du jour au Rally Italia Sardegna ouvrait tôt. Très tôt. La première voiture y entrait à 5h20, d'où des réveils entre 4h30 et 4h45... Dur. 

Traditionnellement, ce premier temps fort de la journée est idéal pour apprendre de petites histoires, entendre une petite phrase voire une punchline... Ce n'était pas le cas samedi dernier. Personne n’avait grand-chose à dire avant que le soleil ne se lève sur la côte italienne. Et encore moins racontable sur un site grand public comme wrc.com.

Puis Sébastien Ogier a démarré sa Citroën C3 WRC en parc fermé et tout le monde avait déjà oublié l'heure du réveil. Voilà toute la magie d'une voiture de rallye au ralenti.

Ensuite, Jari-Matti Latvala est arrivé au point stop. Le fait que personne n'ait grand-chose à dire n'est jamais valable pour le Finlandais, bien trop amical pour qu'un manque de sommeil l'empêche de vous saluer ou de vous expliquer à quel point il est difficile de mettre une Toyota Yaris WRC sur le toit tout seul.

Au moment où les voitures partaient pour Monte Lerno, Micky’s Jump et d'autres sauts, le soleil se faisait de plus en plus présent sur les montagnes autour de la baie. Tout allait mieux dans le meilleur des mondes.

Un constat encore plus valable dans le marché à deux pas du parc d'assistance. Les commerçants étaient à bloc entre les espadons, thons, calmars et oursins ayant tous parcouru environ cinq mètres de la mer au comptoir. Et si vous achetez du poisson, vous aurez besoin de citrons. Autant j'ai fait l'impasse sur le poisson, autant je n'ai su résister à deux citrons vendus dans le coffre d’une Renault Clio cabossée installée sur le port.

Fidèle à la tradition, l'équipe Hyundai Motorsport a plongé dans le port d'Alghero.

Comme chaque étape du WRC en Italie, le samedi était une belle journée... Surtout grâce à la température plus fraiche d'un degré ou deux tant le vendredi était infernal.

Dès la sortie de l'hôtel le matin, c'était comme si un sèche-cheveux de taille industrielle était placé devant la porte. Le mercure a atteint 40°C. Dans la voiture, un capteur thermique de la caméra située dans le repose-pied d'un copilote indiquait 63°C. Une vraie fournaise.

Sur des rallyes aussi chauds, l'approche diffère. Dès que les équipages s'arrêtent, des serviettes humides et ensachées sortent des glacières pour envelopper les cous, de l'eau et des boissons de réhydratation arrivent et les parapluies sont un bonus toujours bienvenus. Chez Toyoya, des sous-vêtements mentholés sont également à l'ordre du jour... Et ce n'est pas une blague ! 

« Lorsque nous transpirons, nous utilisons une invention d’OMP », a expliqué Jari-Matti Latvala, « C’est un spray au menthol pour les sous-vêtements qui nous maintient au frais. »

Dans l'art du rafraîchissement, Ott Tänak est devenu un maître, y compris dans la dernière spéciale. Voir les Estoniens se satisfaire de la cinquième place et non de la victoire sur la plage d'arrivée de la Wolf Power Stage était un bel exemple d climatisation tant son copilote Martin Järveoja et lui ont vécu le rallye dans ce qu'il a de plus cruel.

À l'opposé de l'ascenseur émotionnel, on retrouvait Dani Sordo, vainqueur pour la deuxième fois de sa carrière au plus haut niveau. L’Espagnol est l’un des pilotes les plus populaires du parc d’assistance et, fidèle à lui-même, s'est presque excusé auprès d'Ott Tänak.

Une fois cela fait, il fonça par-dessus tout droit pour sauter dans le port. Après trois jours à cuire au volant, il n'y a rien de mieux que de piquer une tête à Alghero un dimanche après-midi...

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