Interview avec Markko Märtin

Markko Märtin, cinq fois vainqueur en Championnat du Monde FIA des Rallyes, a découvert la nouvelle génération de WRC au Shell Helix Rally Estonia. L'occasion de savoir ce qu'il pense de la Ford Fiesta actuelle par rapport à son ancienne Ford Focus RS...

Markko, comment était-ce de retrouver le volant d'une WRC ?
C'était fatiguant ! J'étais crevé après la première journée. Sérieusement, on oublie vite le travail que cela demande de piloter ces voitures. Je peux le faire sans problème, mais c'était plus difficile de trouver la motivation pour attaquer à la limite. Je n'avais disputé aucun rallye depuis plusieurs années et aucun vrai rallye dans une voiture adéquate depuis près de dix ans. C'était donc intéressant et je suis content de l'avoir fait. Je ne connaissais pas cette génération et c'est la raison pour laquelle j'étais présent : mieux comprendre son fonctionnement.

Maintenant que c'est fait, allons-nous vous revoir ? 
Non. Comme je l'ai dit, je voulais comprendre ces voitures et c'est le cas maintenant. J'ai eu une belle confirmation. Mission accomplie.

Quel était l'aspect le plus difficile à appréhender ?
L'aérodynamisme et son fonctionnement. C'était un peu énervant au début, car je ne savais pas exactement l’adhérence que cela m'offrait. Nous avions de l'appui à mon époque, mais ce n'était qu'un très gros spoiler. Il n'y avait pas autant de science.

Markko Märtin a repris le volant en Estonie.

À quel point l'aéro aide ? 
C'était plutôt cool quand j'ai commencé à la ressentir. Je me disais « Ah, voilà… » et l'on peut commencer à jouer un peu avec. C’est assez stupéfiant de prendre un virage en sixième vitesse. Si le moteur continue de tirer, on reste pied au plancher et les appuis vous permettent de passer le virage. On reste assis et l'on tourne le volant... C'est très différent de ce dont j'avais l'habitude. Ma mémoire est peut-être un peu floue, mais je me rappelle très bien de devoir relâcher, freiner et placer la voiture...

Les pilotes actuels ont-ils la vie plus facile qu'en votre temps ? 
À chaque époque, les pilotes prennent ce qu'ils ont pour en extraire le maximum. C'est ce que nous faisions quand j'y étais et c’est ce qu’ils font maintenant. Le but du jeu est de tirer le meilleur du matériel mis à notre disposition. L'aérodynamique et le surplus de puissance ne sont que des dimensions différentes.

Un petit mot sur le Rallye d'Estonie ?
C'était le meilleur rallye que nous ayons jamais eu en Estonie, et donc par extension le meilleur parmi les pays baltes. Urmo (Aava, directeur du rallye) a fait de l'excellent travail. Il y avait tellement de spectateurs et la foule était en délire. Le niveau était excellent avec les constructeurs présents. C'était un événement génial.

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