Comment se créent les écarts infimes ?

Parler de pilotes séparés par quelques centièmes de seconde évoque les séances de qualifications sur circuit, mais Julian Porter nous démontre que cela concerne aussi les spéciales comme nous l'avons vu au Neste Rally Finland.

Sur ce rallye largement considéré comme le plus rapide de l'année, le trio de pilotes Toyota Gazoo Racing composé de Jari-Matti Latvala, Kris Meeke et Ott Tänak se tenait en 2''2 seulement à l'arrivée des 14,42 km de l'ES12 disputée samedi matin.

Ce qui a suivi était encore plus incroyable puisque cet écart s'est réduit à 6/10e de seconde dans la spéciale suivante, Paijala, longue de 22,87 km. Prenez un moment pour réaliser. Après plus de 160 km chronométrés sur des routes en terre, il n'y avait que six dixièmes d'écart pour séparer les trois hommes en tête du classement.

En revoyant la spéciale, Julian Porter s'est concentré sur le dernier secteur de 3,1 kilomètres pour observer comment le trio abordait les phases de freinage et a trouvé comment ces écarts infimes ont fait la différence à l'arrivée de la spéciale.

Kris Meeke a été le plus rapide dans la spéciale, mais il aurait pu être encore plus proche d'Ott Tänak au classement général. On peut voir qu'il touche les freins à 10'21''3, pendant quatre secondes, peut-être légèrement plus fort que l'Estonien, d'où la perte de 3/10e dans le dernier secteur intermédiaire.

Ott Tänak a signé le troisième meilleur temps de la spéciale tout en étant le plus rapide dans ce dernier secteur. Il freine, plus que probablement du pied gauche, à 10'22''9 à la vitesse de 179 km/h tout en continuant d'accélérer. Son freinage survient légèrement plus tôt que celui de Kris Meeke, mais il s'arrête après 3,9 secondes, d'où son avantage de 3/10e sur son équipier.

Comme ses partenaires, Jari-Matti Latvala freine lui aussi avec parcimonie, entrant dans le dernier secteur exactement en même temps que Kris Meeke, lui permettant à ce moment d'être le deuxième plus rapide dans la spéciale et de ravir la tête de l'épreuve à Ott Tänak.

Julian Porter évalue la confiance des trois pilotes, et leur utilisation parcimonieuse des freins, en trois volets :

1 - En appuyant légèrement sur la pédale, l'avant de la voiture s'abaisse légèrement, la ramenant vers le sol pour lui donner plus d'adhérence à l'avant puisque le poids est sur les pneus avant.

2 - La pression sur la pédale n'est peut-être qu'une question de confiance, car sur un tel virage au premier passage à cette vitesse, l'on peut préférer appuyer légèrement dessus juste pour voir si cela passe.

3 - On arrive avec tellement de vitesse que l'on est obligé dans l'obligation de freiner.

Retrouvez Julian Porter sur Twitter (The_Rally_Guru) ainsi que sur Instagram (julian_porter).

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