mardi | 28 janv. 2020

Vu du parc d'assistance

Retour sur un début de saison mémorable au Rallye Monte-Carlo.

Podium ? Terminé. Conférence de presse ? Terminée. Thierry Neuville se rendait dans la zone d'interview derrière le centre média avant de s'asseoir, souffler un coup, ôter son bonnet et passer sa main dans les cheveux...

À cet instant, il apercevait le grand trophée d'argent posé sur la table devant lui. Le sourire lui revenait, plus grand que jamais. Il l'avait fait.

« J'en avais été si proche dans le passé », racontait-il. « Comme l'an dernier. Vous vous en rappelez ? Nous en avions été si près... Je ne voulais pas revivre cela. C'est vrai que lorsque la bataille est aussi intense, tout le monde ne peut pas gagner. Il doit y avoir deux ou trois déçus. C'était notre cas, mais nous avons le sourire aujourd'hui. »

Thierry Neuville, son copilote Nicolas Gilsoul et toute l'équipe Hyundai Motorsport le méritaient vraiment. Le Rallye Monte-Carlo fait connaître toutes les émotions aux équipages et le week-end dernier ne faisait pas exception.

Examinons le rallye du pilote belge et les chiffres qui lui sont associés. Ce superbe passage dans la deuxième spéciale du jeudi soir, où il se montrait 25''5 plus rapide que quiconque, lui avait offert une avance de 19''1.

Huit tests plus tard, après une prestation époustoufflante d’Elfyn Evans dans La Bréole - Selonnet, il était troisième à 16''6. Un déficit qu'il allait retransformer en avantage de 12''6 d'ici l'arrivée près du port de Monaco dimanche.

De telles oscillations sont assez rares dans l'ère moderne du WRC, mais elles indiquent à quel point un rendez-vous est passionnant. Cette année, le Monte-Carlo n'aurait pas pu faire mieux en offrant un véritable classique et des débuts incroyables à cette nouvelle saison.

Le Rallye Monte-Carlo 2020 a été le théâtre d’un début de saison absolument épique.

Les montagnes nous offraient l'histoire et, encore une fois, la Principauté nous réservait son faste et ses honneurs. Il n'y a pas mieux que la place du Casino en janvier pour voir le meilleur du WRC. Sauf que cette année, les beaux jardins au milieu de la place ressemblaient davantage à un chantier de construction en pleine rénovation.

Ne vous inquiétez pas. Tout le reste était à la hauteur avec des voitures exceptionnelles à chaque coin de rue et un port où les yachts les plus extraordinaires de la planète ont élu domicile.

Pour une fois, les yachts laissaient la vedette aux World Rally Cars en ville. D'autant plus qu'il fallait habituer ses yeux à voir Sébastien Ogier, Elfyn Evans et Kalle Rovanperä vêtus de rouge, blanc et noir chez Toyota, mais aussi Ott Tänak paru de bleu et d'orange Hyundai.

La semaine d'Ott Tänak se transformait en cauchemar avec cet accident dans la quatrième spéciale, mais son ancien patron Tommi Mäkinen avait plusieurs raisons d'être content au terme de ce premier rendez-vous de l'année. Certes, la victoire n'était pas à la clé, mais il plaçait deux de ses Yaris WRC sur le podium, et trois dans le top cinq.

M-Sport Ford avait également des raisons de se réjouir. Esapekka Lappi s'offrait une belle quatrième place tandis que Teemu Suninen surmontait ses problèmes de transmission rencontrés jeudi soir pour établir de bons temps et revenir au huitième rang.

Tout cela pose une question… Combien de temps encore avant la Suède ?