mardi | 08 sept. 2020

Vu du parc d'assistance : l'Estonie

Sans aucun doute, la vue du parc d’assistance différait grandement de tout ce que nous avions connu jusqu'ici en Championnat du Monde FIA des Rallyes.

Avec un personnel limité pour les équipes, l'absence des fans et un nombre restreint de médias, les protocoles liés au coronavirus faisaient leur apparition au Rallye d'Estonie et à Tartu. Pour le plus grand bien de tous.

Ces changements n'ont fait que renforcer le plaisir de cette rentrée du WRC. Et les éloges envers l'ancien pilote Urmo Aava et son équipe d'organisation ont été unanimes. L'Estonie est un hôte formidable et ce premier rallye en WRC était le point de départ idéal pour relancer la machine.

Et quelle reprise ! Nous savions tous que l'enfant du pays, Ott Tänak, serait rapide sur ses terres, mais le pilote Hyundai a complètement contrôlé les débats et l'on pouvait ressentir toute la joie et la fierté de ceux qui brandissaient le drapeau tricolore bleu, noir et blanc dimanche soir. Aux grands hommes, la patrie reconnaissante...

Vidéo : les moments forts du Rallye d'Estonie

La grande question de la semaine dernière était plus large et plus basique : qui possédait la voiture la plus rapide après le confinement ? La réponse était claire. Et elle s'écrivait en coréen.

Si Ott Tänak affichait un rythme auquel tout le monde s'attendait, Craig Breen était à lui seul une véritable publicité pour la Hyundai i20 WRC. L'Irlandais en voulait toujours plus de sa voiture, mais sa vitesse lui permettait de sceller un beau doublé pour Hyundai.

Ses performances étaient l'un des principaux sujets du week-end. Il tenait la dragée haute à Sébastien Ogier, pourtant six fois champion du monde, et le faisait avec une facilité apparente - déconcertante même - et sans jamais offrir le moindre signe de faiblesse.

Il serait injuste, pour ne pas dire inexact, d'oublier le rythme de la Yaris. Les trois pilotes Toyota ont remporté des spéciales et Kalle Rovanperä occupait même la tête après son deuxième scratch. Si le pilote de dix-neuf ans n’avait pas été victime d'une crevaison dans l'ES3, peut-être aurait-il pu talonner Ott Tänak... Voire plus.

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De quoi clore ce fantastique volet compétition.

Les routes étaient également exceptionnelles. Certes, des ornières plus profondes que d'habitude se creusaient, au point de surprendre les challengers estoniens les plus chevronnés, mais les spéciales ont offert ce spectacle inoubliable à toute vitesse qui nous manquait terriblement ces derniers mois.

Des routes de liaison étroites et piégeuses ont été tracées pour lier les « autoroutes » à deux voies pour réduire les vitesses moyennes. Cette recette a fonctionné, à la grande joie des organisateurs... Moins pour les journalistes qui s'attendaient à assister au « rallye le plus rapide de tous les temps » !

Basées autour du parc d'assistance de Tartu, les spéciales s'étendaient jusqu'à la belle ville d'Otepää, le centre de gravité du monde du ski et du saut à ski en Estonie. Rien de tout cela n'était vraiment inédit pour le WRC, bien sûr. L'Estonie avait été le cadre d'un Événement Promotionnel du WRC l'an passé tout en devenant le terrain de prédilection des concurrents souhaitant se préparer au Rallye de Finlande.

Le week-end dernier, l'Estonie est sortie de l'ombre de son illustre voisin de l'autre côté de la mer Baltique. En termes de rallyes rapides cette saison, l'Estonie est la nouvelle Finlande. Le résultat était néanmoins le même : Ott Tänak et son copilote Martin Jarveoja sont restés maîtres sur les terrains ultrarapides.

Photos © Jarek Jõepera