lundi | 23 mars 2020

Tout va bien chez Toyota : la Yaris évite la surchauffe au Mexique

Jari-Matti Latvala semblait stressé. Ce n'était pas inédit, mais il l'était pour la première fois en tant que leader du Championnat du Monde FIA des Rallyes.

En 2017, Jari-Matti Latvala traversait l'Atlantique au sommet du classement général. Avec une deuxième place au Rallye Monte-Carlo suivie d'une victoire en Suède, le Finlandais et sa Toyota Yaris WRC arrivaient au Mexique avec quatre point d'avance sur la concurrence.

Cela ne durait pas longtemps. Le retour de rêve effectué par Toyota après dix-huit ans d'absence en WRC prenait brutalement fin lors de l'épreuve disputée autour de León.

Le vendredi matin était vite bouclé, un accident de la route non lié au rallye ralentissant les voitures après deux spéciales spectaculaires au cœur de Mexico. Les débuts sur terre de la nouvelle génération de World Rally Cars devaient ainsi attendre après le déjeuner.

Peu après le départ d'El Chocolate, une spéciale de cinquante-cinq kilomètres, les temps intermédiaires de Jari-Matti Latvala et de son équipier Juho Hänninen commençaient à accumuler un certain retard. Rien d'étonnant toutefois, le premier ouvrait la route en qualité de leader du championnat et le second était malade.

Avant l'arrivée, il devenait toutefois évident que le balayage de la trajectoire était le cadet des soucis de Jari-Matti Latvala qui écourtait l'interview de fin de spéciale avant de lâcher « Il fait trop chaud, beaucoup trop chaud... »

La rapidité avec laquelle il énonçait ces mots trahissait une véritable urgence. Il connaît, mieux que quiconque ou presque, les secrets d'une voiture et il savait que quelque chose n'allait pas. Cela ne concernait pas seulement le moteur, mais aussi le différentiel. Les deux surchauffaient et compromettaient la bonne santé de sa Yaris.

Vidéo : les cameras embarquées de Toyota au Rally Guanajuato Mexico

La voiture retrouvait le parc d'assistance au ralenti avant de reprendre son chemin en net retrait sur le plan des performances. Jari-Matti Latvala et Juho Hänninen terminaient le week-end sixième et septième, tous deux à environ cinq minutes du vainqueur Kris Meeke.

Parmi les quatre nouveaux modèles introduits en WRC, la Toyota Yaris s'était montrée la plus sensible aux températures élevées et à l'altitude. L'une des principales raisons derrière cela était la vitesse à laquelle elle avait été conçue. Contrairement à Volkswagen cinq ans plus tôt, Toyota n'avait tout simplement pas eu le temps d'amener sa Yaris au Mexique pour l'éprouver dans ces conditions.

Le système de refroidissement de la voiture n'avait pas été en mesure de suivre sous le soleil de midi, notamment dans les sections plus sinueuses comme celles d'Otates.

Douze mois plus tard, Toyota apportait trois voitures au Mexique. Les problèmes étaient encore là, mais dans une moindre mesure. Jari-Matti Latvala souffrait, mais Ott Tänak semblait épargné en terminant la première journée à seulement onze secondes de la tête. L'Estonien ne voulait pas entendre parler d'un telle épée de Damoclès...

Dès le lendemain matin, les visages s'assombrissaient chez Toyota. Il finissait la spéciale avec 2'46'' de déficit avec une voiture qui « semblait n'avoir que vingt chevaux ». Il abandonnait plus tard le samedi.

L'équipe travaillait plus fort que jamais en retravaillant ses logiciels, en poussant le moteur pour fournir davantage de puissance dans les conditions les plus difficiles de la saison, mais le manque de flux d'air - de l'air plus frais entrant et de l'air plus chaud sortant - pénalisait la Yaris.

Jari-Matti Latvala a connu un Rallye du Mexique torride en 2017

D'autres changements aérodynamiques avant la saison dernière aidaient davantage et la deuxième place d'Ott Tänak en résistant à Elfyn Evans soulignait les progrès effectués, mais la voiture n'était toujours pas à son avantage dans la fournaise mexicaine... Comme l'alternateur de Jari-Matti Latvala le rappelait. 

Cette année ? Problème résolu. Les trois voitures ont fini dans le top cinq et le prestation exceptionnelle de Sébastien Ogier délivrait l'équipe en lui apportant la victoire.

Comment était-ce possible ? De nouvelles évolutions aérodynamiques et l'analyse des données apportées par l'expérience permettaient de faire des ajustements dans des domaines tels que la cartographie électronique et les tolérances moteur.

Ces efforts et avancées ne sont pas passés inaperçus des dirigeants, à commencer par Akio Toyoda, président de l'équipe et président de Toyota Motor Corporation, véritablement impressionné.

« Nous avons enfin remporté le Rallye du Mexique », a-t-il déclaré. « Nous n'avons pas pu nous battre à cause de surchauffes les deux premières années, mais nos ingénieurs ont déployé beaucoup d'efforts pour améliorer le système de refroidissement et nous avons finalement atteint la plus haute marche du podium. Je les remercie aussi pour leur esprit combatif digne du Kaizen. »

Le Kaizen a encore une fois fait ses preuves.

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