Monday | 03 Oct 2022

Une saison dans l'histoire du WRC avec Kalle Rovanperä

Assis au point stop du Col de Turini le jeudi soir du Rallye Monte-Carlo, Kalle Rovanperä avait l'air tout sauf à l'aise.

C'était le grand début des Rally1 hybrides tant attendues. De nouvelles voitures, une nouvelle technologie et un nouveau champion à coup sûr en fin de saison en raison du programme partiel de Sébastien Ogier.

« Je pense que l'équilibre de la voiture est vraiment piégeux en mon sens », confiait Kalle Rovanperä après avoir concédé 42''8 sur les 23,25 kilomètres de la deuxième spéciale de cette cinquantième saison de l'histoire du WRC. « C'est assez difficile pour moi. »

Les choses s'amélioraient rapidement pour le jeune prodige finlandais. Douzième jeudi soir, il remontait au neuvième rang vendredi avant de signer des scratches le samedi.

Quatrième au Rallye Monte-Carlo

Quatrième du Rallye Monte-Carlo, Kalle Rovanperä n'avait peut-être pas pris un si mauvais départ après tout.

Un mois plus tard à Umeå, il s'imposait comme un véritable prétendant au titre. Ouvrant la route sur la neige et la glace du Rallye de Suède, il gérait à la perfection ses pneumatiques Pirelli cloutés pour terminer la première étape juste derrière Thierry Neuville.

Samedi, le pilote Toyota Gazoo Racing passait à l'offensive en s'emparant des commandes dès le premier secteur chronométré du jour avant de repousser les attaques de son équipier Elfyn Evans.

La nuit tombée, Kalle Rovanperä allait faire la différence en portant son avantage de 1''2 à 8''3 avant la dernière journée d'action.

Première victoire en Suède

Quand Elfyn Evans tapait un mur de neige, le duel était plié. Kalle Rovanperä imitait son père Harri en s'imposant vingt-et-un ans après son paternal tout en signant la troisième victoire de sa carrière au plus haut niveau.

Désormais lancé, il s'attaquait deux mois plus tard au Rallye de Croatie. Disputé en avril, le premier rendez-vous sur asphalte de l'ère hybride était le théâtre de spéciales parmi les plus palpitantes de l'histoire récente du Championnat du Monde FIA des Rallyes.

Kalle Rovanperä menait toutefois les débats d'entrée de jeu avant qu'une tempête dans l'avant-dernière spéciale n'anéantisse son avantage durement gagné.

L'Estonien Ott Tänak, qui avait parié sur des gommes plus tendres sur l'asphalte glissant, lui ravissait la tête pour 1''4 avant la Wolf Power Stage. Loin de baisser les bras, le Finlandais faisait fi de toute prudence pour reprendre l'ascendant et devancer la Hyundai i20 N Rally1 pour 4''3 à l'arrivée. Un sursaut d'orgueil lui permettant aussi de prendre vingt-neuf points d'avance au championnat après trois rallyes seulement.

Victoire au Rallye de Croatie

Kalle Rovanperä réalisait la passe de trois quelques semaines plus tard au Vodafone Rally de Portugal. Après avoir talonné Elfyn Evans les deux premières journées, le Finlandais prenait le dessus sur son équipier dans l'avant-dernière spéciale du parcours. Grâce à ce succès et son meilleur temps dans la Wolf Power Stage, il quittait Porto avec une avance accrue à quarante-six unités.

Le Rally Italia Sardegna se montrait plus difficile. Tout au gardant un œil sur le championnat, Kalle Rovanperä avait la tâche délicate d'ouvrir la route vendredi et souffrait de problèmes de motricité sur les spéciales à la surface meuble. Une meilleure position dans l'ordre des départs lui permettait de remonter dans la hiérarchie, mais il était déjà trop loin pour espérer finir sur le podium. Il se contentait finalement de la cinquième place, le meilleur résultat d'une Toyota lors d'un week-end décevant pour l'équipe basée en Finlande.

Cinquième au Rally Italia Sardegna

Malgré cela, il augmentait encore son avance au championnat de neuf points après les problèmes de suspension d'Elfyn Evans.

Navigué par son copilote de longue date, Jonne Halttunen, Kalle Rovanperä retrouvait rapidement le chemin de la victoire au Safari Rally Kenya.

Légèrement malade, il ravissait toutefois la première place à Sébastien Ogier vendredi après-midi et n'était plus repris jusqu'à l'arrivée, où le Toyota Gazoo Racing célébrait un quadruplé historique. 

« Bien sûr, cette victoire est un peu plus spéciale que les autres », déclarait-il après le rallye. « Être au volant de la voiture gagnante pour un tel résultat, c'est tout simplement fantastique. »

Victoire au Safari Rally Kenya

Le Rallye d'Estonie était tout aussi réussi. De retour sur les lieux de sa première victoire en Championnat du Monde FIA des Rallyes douze mois plus tôt, Kalle Rovanperä s'installait en tête vendredi après-midi avant de remporter sept spéciales d'affilée dans des conditions difficiles samedi.

Vainqueur avec plus d'une minute d'avance sur son plus proche poursuivant Elfyn Evans et à nouveau auteur du scratch dans la Wolf Power Stage, Kalle Rovanperä comptait désormais 83 unités d'avance après seulement sept manches.

Après cinq ans de disette depuis la dernière victoire d'un pilote finlandais au Secto Rally Finland, la pression était sur ses épaules pour sa manche à domicile. Kalle Rovanperä devait toutefois faire l'impasse sur les célébrations en terminant deuxième derrière Ott Tänak, qui profitait du regain de performances de sa Hyundai.

Deuxième à domicile au Secto Rally Finland

L'Ypres Rally Belgium lui offrait mathématiquement sa première occasion de sceller le titre, mais le Finlandais montrait pour la première fois de la saison qu'il restait humain malgré tout. Trop optimiste à l'attaque d'un virage à gauche dans la première spéciale du vendredi, Kalle Rovanperä glissait dans un fossé et partait dans une spectaculaire série de tonneaux.

Grâce à l'effort monumental des mécaniciens de Toyota, il reprenait la route pour prendre le maximum de points en jeu dans la Wolf Power Stage même si son avantage sur Ott Tänak, à nouveau vainqueur, se réduisait à 72 unités.

Un scénario similaire l'attendait à l'EKO Acropolis Rally Greece. Neuvième au terme d'une première étape difficile, sa voiture subissait de lourds dégâts à l'arrière lorsque Kalle Rovanperä touchait un arbre. De retour au parc d'assistance, il pouvait reprendre ses efforts, mais il se contentait d'une modeste quinzième place à l'arrivée.

Quinzième à l'EKO Acropolis Rally Greece

Avec le retour du WRC au Repco Rally New Zealand après dix ans d'absence, les observateurs s'interrogeaient sur sa capacité à mettre fin à sa mauvaise série pour remporter le titre.

Sur le papier, il devait marquer huit points de plus qu'Ott Tänak pour sceller l'affaire. Sept seulement en cas de victoire sur la onzième manche du calendrier.

Ott Tänak partait fort et menait les débats après la première étape, mais quinze secondes de pénalité pour deux infractions aux règles hybrides offraient un cadeau d'anniversaire inattendu à Kalle Rovanperä, désormais âgé de vingt-deux ans. Il émergeait en tête du peloton, puis creusait l'écart avant la dernière journée composée de quatre spéciales. 

Victoire et titre mondial au Repco Rally New Zealand

Si sa victoire faisait peu de doutes, le travail n'était pas encore terminé. Kalle Rovanperä étant le dernier à s'élancer, Ott Tänak possédait le temps de référence provisoire dans la Power Stage de Jack's Ridge. Pour s'assurer du titre, le Finlandais avait besoin d'au moins deux points bonus, et donc d'un temps dans les quatre premiers dans cette spéciale.

Sa réponse ? Pied au plancher.

Kalle Rovanperä se montrait six dixièmes de seconde plus rapide qu'Ott Tänak au terme des 6,77 km. Il devenait ainsi le plus jeune champion du monde des rallyes de l'histoire à l'âgé de vingt-deux ans et un jour.

Nous avons connu l'ère des Sébastien. Serait-ce le début de l'ère Kalle ? Seul le temps nous le dira. Une chose est sure cependant : le temps est de son côté...

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