samedi | 18 juin 2022

Retour sur le Safari Rally Kenya 2021

Dix-neuf ans après sa dernière apparition du Championnat du Monde FIA des Rallyes, une aventure hors du commun faisait son retour au calendrier. À quelques jours de l'édition 2022, nous revenons sur les moments forts d'un rallye merveilleusement chaotique disputé il y a douze mois...

1. Victoire improbable pour Ogier

Quand Sébastien Ogier arrivait au ralenti à l'assistance vendredi midi après une matinée chaotique sur les rives sud du lac Naivasha dans la vallée du Grand Rift, la victoire semblait loin des pensées du pilote français.

Un problème d'huile dans la suspension arrière de sa Toyota Yaris WRC l'avait relégué au septième rang, à plus de deux minutes du leader.

Samedi, Sébastien Ogier amorçait toutefois sa remontée avec trois scratches à son actif pour se hisser à la troisième place, mais Thierry Neuville comptait toujours plus d'une minute d'avance. La deuxième position semblait davantage à sa portée, son équipier Takamoto Katsuta étant pris en sadwich entre le Belge et lui.

Tout a basculé le dimanche lorsque Thierry Neuville cassait l'amortisseur arrière droit de sa Hyundai i20 WRC contre une pierre. Sébastien Ogier était alors parfaitement placé pour hériter des commandes en prenant l'ascendant sur Takamoto Katsuta, s'imposer pour 21''8 et faire un grand pas vers son huitième titre mondial.

Le Kenya avait peut-être été absent pendant près de deux décennies, mais son imprévisibilité est restée intacte.

Focus sur le vainqueur du Safari Rally Kenya 2021

2. Les malheurs de Neuville

Le Belge connaissait un rallye cruel. S'il avait mieux compris que quiconque à quel point les routes kenyanes étaient punitives, il menait toutes les spéciales sauf deux jusqu'à son abandon prématuré.

Il s'agissait alors du troisième rallye consécutif où Hyundai abandonnait en raison d'un problème de suspension alors que l'un de ses équipages occupait la tête.

« Nous n'avons vraiment pas de chance et l'équipe non plus », avait-il lâché. « Trois rallyes difficiles de suite... Personne ne méritait cela. Nous aurions mérité trois victoires lors des trois dernières épreuves, mais ce n'est malheureusement pas le cas. »

Thierry Neuville avait dominé jusqu'à la dernière étape

3. Un Safari sans pitié

Le Safari était à la hauteur de la réputation ayant fait de l'épreuve l'une des plus emblématiques du monde du sport automobile. Les pistes rocailleuses et sablonneuses autour des lacs Naivasha et Elmenteita s'avéraient brutales au cœur de paysages époustouflants, d'une faune exotique et d'habitants enthousiastes.

Les routes ne laissant aucun répit aux concurrents faisaient un premier tri parmi les prétendants dès l'étape du vendredi.

Elfyn Evans abandonnait dès le matin dans Kedong en tapant une pierre brisant la suspension avant droite de sa Toyota Yaris WRC. Un autre rocher brisait un bras de suspension de la Hyundai i20 WRC de Dani Sordo dans le même test.

En parallèle, Oliver Solberg souffrait de problèmes de suspension à l'arrière droit après une sortie et devait finalement s'arrêter lorsque son arceau de sécurité était endommagé. Lorenzo Bertelli devait également garer sa Ford Fiesta WRC, victime d'une fuite de liquide de refroidissement.

Enfin, Kalle Rovanperä avait brièvement ravi les commandes à Thierry Neuville, mais ses espoirs étaient anéantis lorsque sa Toyota Yaris WRC se retrouvait coincée dans la poussière et devait être remorquée.

Abandon précoce pour Elfyn Evans au Kenya

4. Une tempête torrentielle

« Je bénis les pluies en Afrique », disent les paroles d'un grand classique de Toto des années 1980. Certains l'ont fait, d'autres non avec les averses dans la dernière spéciale de Sleeping Warrior samedi soir.

Les routes poussiéreuses se transformaient rapidement en bain de boue et les pneus durs proposés par Pirelli et chaussés par tous les concurrents offraient une adhérence minimale dans des conditions plus proches de la glace que de la terre.

Il fallait avant tout survivre, et Takamoto Katsuta, alors deuxième, frôlait la correctionnelle en lâchant vingt secondes face à un Thierry Neuville surpris : « Je ne suis pas très émotif et rarement stressé, mais je dois dire que je l'étais ! »

En revanche, tout allait de mal en pis pour Ott Tänak. Pris dans la tempête, l'Estonien voyait son pare-brise s'embuer et il devait s'arrêter pour l'essuyer. Il concédait plus d'une minute à Takamoto Katsuta et se retrouvait relégué au quatrième rang au lieu de batailler pour la deuxième place.

Les moments inoubliables du Safari Rally Kenya

5. Les Fiesta à la fête

Gus Greensmith et Adrien Fourmaux récoltaient les fruits de leur stratégie prudente. Le Britannique signait le meilleur résultat de sa carrière en terminant quatrième tandis que le Français savourait son premier scratch au plus haut niveau. Les deux pilotes M-Sport Ford World Rally Team n'étaient séparés que d'un dixième de seconde à l'arrivée.

• Une couverture complète du Safari Rally Kenya est disponible sur WRC+ All Live ici, avec la diffusion de chaque spéciale, des interviews, des reportages et les analyses de nos experts en direct du parc d'assistance.   

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